Il y a quelques semaines, je parlais avec un ami. Il était impressionné par tout ce que j’avais mis en place comme changements dans ma vie et aussi rapidement. En effet, je commençais de nouveaux projets qui me demandaient une vision à long terme, je voyais le monde et mon monde intérieur sous un nouvel angle. Mes habitudes avaient considérablement changé, etc. Et en retour, il se remémorait avec quelque peu de nostalgie une période dans sa vie où tout s’était éveillé en lui. Il avait vécu des moments de révélations intenses, des expériences spirituelles très profondes et il me disait, avec un peu de regret, à quel point sa vie lui semblait calme et monotone aujourd’hui. Mais plus il décrivait sa vie actuelle, plus je la trouvais simple, plutôt stable et apaisée. Il me parlait du fait que ses journées se succédaient dans des tâches quotidiennes et rythmées, où tout était voué au quotidien de sa vie familiale. Cet ami venait d’emménager plus proche de la nature, et la maison demandait des soins et des actions simples. Et de mon côté, j’entendais dans son discours émaner la beauté de ce que pouvait être une vie éveillée qui allait à l’essentiel. Contrairement à ce qu’il semblait vouloir me décrire.
Quelques minutes après avoir quitté cet ami, j’ai réalisé à quel point cela me paraissait évident maintenant, qu’après une période d’éveil, spirituel, comme on le dit souvent, il y a un temps plus calme d’intégration. Nécessaire.
Il y a quelques années, j’avais été enseignée par cela en contemplant des vagues sur les berges de la Seine parisienne. Il y a une arrivée fulgurante, une vague de nouvelles informations, qu’elles proviennent de l’intérieur de soi ou du monde environnant, cela n’a pas beaucoup d’importance, il y a surtout du mouvement. Et puis cette eau qui avait déferlé sur le rivage, se retirait quelque part. En soi. Pour aller nettoyer plus en profondeur. Et puis une suspension. Un silence. Avec une sensation de vide, de départ… Avant qu’une nouvelle vague n’arrive. Peut-être même composée pour certaines, de ces mêmes gouttes d’eau que la vague précédente.
Et bien c’est de ce moment de suspension et de silence dont je voulais vous parler aujourd’hui. Ce moment où tout nous semble figé, comme avant, sans mouvement. Mais sans l’immobilité, le mouvement ne peut avoir lieu. Et puis, parfois sur la Seine que j’observais… Une péniche passait sur les flots. Et là, déferlement complet. Les vagues grossissaient, s’accéléraient. Et c’est ce qu’on appelle le grand changement. La période d’éveil. D’éveil à soi, à de nouvelles parcelles de son être, la succession de synchronicités qui déferle dans notre vie et on n’a parfois plus le choix que de reconnaître que les moments de repos précédents nous avaient préparé à réunir toutes les forces intérieures. Pour ne pas se laisser engluer dans nos anciens schémas et pour suivre son chemin, pour poursuivre et se laisser aller dans les flots de nos mouvements intérieurs, suivre le flot remuant de notre âme. Qui nous guide vers ailleurs.
À l’heure où je prépare ce podcast, mon ami vit aussi finalement une période de grands bouleversements dans sa vie, avec beaucoup d’imprévus, et je crois qu’il n’avait pas idée à quel point la vie qu’il me décrivait il y a encore quelques semaines allait être bouleversée, et que cette immobilité dont il me parlait n’était qu’un passage.
Ce podcast pourrait s’arrêter là. Je pourrais vous laisser avec ces premières images et réflexions, dans votre cheminement intérieur. Vous aurez d’ailleurs remarqué que je le publie un peu plus tard que prévu. Sauf pour ceux qui écouteront le podcast beaucoup plus tard. Honnêtement, cela fait plusieurs semaines, que je veux vous parler de ce sujet, et bien que j’ai déjà traversé ce genre d’énergies, j’avais besoin encore de l’expérimenter pour que s’organise tout ce dont je voulais vous parler ici. J’ai eu besoin de lever le pied, et d’expérimenter une phase de silence, de repos, d’intégration…
L’âge d’or et le conte de la Belle au Bois Dormant.
La vie est cyclique, elle est impermanence. Et ce que l’on prend pour acquis, les appuis sur lesquels on flotte actuellement pourraient bien changer d’une minute à l’autre. C’est normal ! Il y a des saisons dans tout. Au nombre de 4. Il y a les 4 saisons. Il y a la constriction, le recul, la prise d’élan, puis l’action, la mise en mouvement, l’inspiration, ensuite la suspension, la respiration s’arrête un instant, le corps intègre l’oxygène et la lumière, jusqu’au fond de ses cellules. Suivi de l’expiration, le nettoyage, l’expulsion… Et ainsi de suite. Il y a quatre archétype pour le cycle féminin, correspondant à ses quatre périodes… Il y a quatre périodes de vies, tout aussi importantes les unes que les autres. Il y a quatre pieds, au moins, à une chaise ou une table… Le 4 est synonyme de stabilité. Mais dans la vie cette stabilité s’opère non pas dans l’immobilité, mais bien paradoxalement dans le mouvement entre ces quatre principes.
On a tendance à idéaliser la période d’éveil spirituel, le changement concret, mais il y a aussi une part très importante dans un parcours d’éveil à soi qui est celle de l’endormissement, du repos, de l’immobilisation, de l’intégration.
J’ai effectivement mis du temps à préparer ce podcast, parce que j’étais et je suis encore un peu dans cette période. Malgré la renaissance de la nature au printemps, malgré le fait que la Terre sort de son hibernation, mon rythme intérieur était tout autre. De nouvelles informations se faisaient jour, certes, mais pas dans le concret. Alors dernièrement, je me suis retrouvée soudainement ralentie, je n’arrivais plus à faire avancer mes actions, je faisais très peu de tâches à la journée, et je dormais, je dormais. Et puis, j’ai réussi à comprendre, à une nouvelle couche de conscience, j’ai pu accepter que finalement cette période permettait à mon corps d’intégrer les avancées fulgurantes qui avaient eu lieu dans mon parcours d’éveil, j’ai pu aussi accéder à des rêves et des parties de mon inconscient qui s’éveillaient. Pour aller succinctement un peu plus loin, j’ai pu observer aussi, que malgré le fait que ça n’avançait pas terrible dans la matière dans ma vie ici, en réalité ces heures passées dans l’immobilité me permettaient de voir que j’œuvrais ailleurs, je dialoguais avec d’autres parties de mon âme, dans des vies antérieures, , ou bien d’autres dimensions de mon être, je ne sais pas, hors de l’espace et du temps. Mais en fait, je n’avais clairement pas l’impression d’être inactive, je peux vous le dire…
Il y a l’âge d’or, celui où on se met à briller comme un nouveau soleil, où on se sent renouvelé, brillant, compétent dans son nouveau royaume et puis il y “là je dors”, ce temps de récupération, ce temps où nos avancées profitent à toutes les dimensions de notre être, et à celles de notre inconscient collectif aussi. Il y a ce retour à la caverne intérieure pour pouvoir encore plus puissamment faire profiter de nos nouvelles vibrations au reste du monde. Ce n’est pas tout à fait la période hivernale complètement isolée. C’est une courte période de suspension, celle où on se prépare totalement à quitter notre mue de serpent, notre ancienne peau, cet ancien costume qu’on avait déjà essayé d’enlever. C’est tout l’être qui, en se rendormant peut-être, se prépare à mêler ses nouvelles découvertes avec toutes celles de l’histoire de notre vie, ou même de nos vies, pour opérer à une transmutation totale avant de retourner dans le monde ordinaire et partager sa sagesse…
Il y a un livre, et je pense que ce ne sera pas la seule fois où je vous en parlerais, ce livre c’est MON livre de chevet : le Héros aux mille et un visage de Joseph Campbell. L’auteur a réuni de nombreux mythes, contes, religions pour en laisser sortir une structure commune. Il est important de comprendre que les cycles dont il parle peuvent en simultanée traverser plusieurs années de notre vie, tout comme quelques heures de notre journée.
Il explique donc au fur-et-à mesure des chapitres, les différentes étapes, cycles que nous traversons tous dans nos inconscients, avant de se révéler être le véritable héros mythique de notre vie. On y croise alors plusieurs archétypes qui se succèdent, plusieurs paysages intérieurs magiques et indécelables. On s’éveille à notre part divine, et puis aussi à notre part humaine. Il y a le monde ordinaire, celui que l’on connaît au départ de notre aventure, puis le premier pas vers un ailleurs, la première embûche dans ce nouveau paradigme du héros que nous sommes. Et puis se succèdent différentes étapes et épreuves, avant d’arriver à la quatrième saison de notre aventure, celle du retour au monde ordinaire, celle du retour vers ce que l’on connaissait auparavant. Mais ayant tant changé, il nous faut encore passer entre le monde magique de notre éveil, à celui du monde matériel, à celui où toutes les lignes dernièrement modifiées dans notre être vont pouvoir concrétiser les changements dans la matière. Ce dernier passage peut être délicat, et il est possible qu’on ait la sensation de régresser, de retourner au tout début de notre aventure, peut-être pour comparer l’avant après, peut-être parce qu’une leçon de vie n’a pas encore été intégrée, mais dans tous les cas, je reste persuadée que l’on avance. Que l’on se prépare en réalité, comme ce héros aux mille et un visages, on se prépare à partager à ceux qui n’ont pas vécu l’aventure comme nous l’avons vécue, car différents, de partager notre expérience, de la transformer en enseignement pour toutes les parties de son être et donc pour les autres également.
Ainsi donc, pour aujourd’hui, je choisis de vous parler d’un des visages de ce héros que nous sommes tous, en utilisant le motif du conte de la Belle au Bois Dormant en m’appuyant sur un autre livre : Psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim.
Pour moi la Belle au Bois Dormant nous parle de cette période d’adolescence, celle où l’on se prépare, où l’on mute d’un état à un autre. Celle où l’on dit au revoir au passé, en même temps que l’on dit bonjour à notre futur. C’est le printemps mais qui peut parfois nous mettre dans une position endormie avant d’émerger. Celle où l’on prépare son système nerveux, son arborescence à l’étape ultime, juste avant l’arrivée dans la quatrième phase de notre vie.
Et pour illustrer ce que je perçois de cette quatrième saison, je vais vous lire un extrait de ce livre : Pour Tolkien, les éléments les plus stables des contres de fées traditionnels sont au nombre de quatre : l’imagination, la guérison, la délivrance et le réconfort… Parlant du dénouement heureux, Tolkien souligne que, pour être complets, tous les contes de fées, et j’ajoute tous les êtres du coup, doivent avoir ce dénouement heureux. Heureux, j’entends par ici, différent d’avant. Cela ne veut pas dire que ça va sonner comme le happy end d’un Walt Disney, mais c’est tout de même un dénouement parce qu’il y a eu transformation.
Tolkien dit “Les choses prennent soudain une tournure joyeuse… Quelque peu fantastique et aussi terrible qu’ait pu être être l’aventure, l’auditeur, qu’il soit enfant ou adulte, retient son souffle (la suspension avant l’expiration dont je vous parlais juste avant), retient son souffle quand vient ce virage, son cœur se met à battre, est soulevé, et il n’est pas loin des larmes”.
Et c’est là donc que survient cette phase parfois d’endormissement. Comme on dit après l’effort, le réconfort. Cette quatrième saison de notre aventure si particulière d’éveil, qui certainement donnera lieu à une autre ultérieure, cette quatrième saison, peut effectivement parfois commencer par l’endormissement momentané. Mais pourquoi ? Et bien pour se préparer à transcender totalement, à se transformer complètement de tout son être, pour se préparer à cet ultime feu d’artifice d’émotions… Et si tu es comme moi complètement, subtilement sensible, tu sais à quel point ces moments de révélation à soi-même, ces périodes printanières et estivales de ton être peuvent être fortes en émotions. Épuisantes. Le corps et toutes les consciences ont besoin de ce temps de repos pour s’y préparer. Pour qu’enfin les leçons soient acquises, pour qu’enfin tu puisses voir toute l’explosion de ta lumière sans cligner des yeux.
Je vous lis donc maintenant un bout du chapitre sur le conte de la Belle au Bois Dormant du livre de Bruno Bettelheim et je me permet de divaguer quelque peu par-dessus :
“La Belle au Bois Dormant - Maîtriser l’adolescence
L’adolescence est une période de changements importants et rapides, caractérisée par des phases de passivité et de léthargie absolues alternant avec une activité frénétique, et même un comportement dangereux, pour “prouver que l’on existe” - c’est donc ces premiers élans pour sortir de sa zone de confort, sans s’y être vraiment préparé, ce sont ces moments où l’on teste sa nouvelle façon d’être auprès des autres, et où l’on a besoin parfois de retourner à l’intérieur de soi pour faire le point -
Ce comportement hésitant de l’adolescent trouve son expression dans certains contes de fées où le héros, après s’être précipité dans d’incroyables aventures, est soudain transformé en pierre par quelque maléfice. Plus souvent - et, sur le plan psychologique, plus judicieusement - l’ordre est renversé […] Alors que de nombreux contes de fées insistent sur les exploits que doit accomplir le héros pour devenir lui-même “la Belle au Bois Dormant” insiste sur la concentration intérieure, longue et paisible, qui est également requise. Pendant les mois qui précèdent les premières règles, et souvent pendant la période qui les suit immédiatement, les fillettes sont passives, comme endormies et se replient sur elles-mêmes. L’approche de la maturité sexuelle des garçons ne s’annonce pas par un état analogue mais beaucoup d’entre eux connaissent pendant la puberté une période de lassitude et de repli sur soi qui correspond à l’expérience de l’autre sexe. On comprend donc que le conte de fées où une longue période de sommeil commence en même temps que le début de la puberté.
Pendant l’adolescence, qui provoque les changements les plus importants de la vie, la croissance ne peut évoluer convenablement que si le jeune passe par des périodes d’activité et de repos. Le repli sur soi, qui peut passer pour de la passivité (le jeune “dort sa vie”), a lieu quand les processus mentaux prennent une telle importance que l’individu n’a plus la force d’agir vers l’extérieur. Les contes de fées du type de “La Belle au Bois Dormant”, qui ont pour thème principal la période de passivité, permettent à l’adolescent en herbe de ne pas s’inquiéter durant sa période d’inactivité : il apprend que les choses continuent d’évoluer. La conclusion heureuse affirme à l’enfant qu’il ne restera pas figé dans son apparente inactivité, même si, sur le moment, il a l’impression qu’il n’en sortira jamais.
Après la période d’inactivité qui, d’une façon typique, intervient au début de la puberté, l’adolescent devient actif, comme s’il voulait rattraper le temps perdu. Dans la vie réelle comme dans les contes de fées, il essaie de s’affirmer, en passant souvent par de dangereuses aventures. C’est par l’intermédiaire de son langage symbolique que le conte de fées établit qu’après avoir rassemblé ses forces dans la solitude, l’adolescent doit devenir lui-même. En fait, cette évolution est pleine de dangers : l’adolescent doit tourner le dos à la sécurité de l’enfance (il est perdu dans une forêt hérissée de dangers) ; il doit apprendre à affronter les angoisses et les tendances violentes d’autrui (il rencontre des bêtes sauvages et des dragons - je cite ici aussi sa part sauvage intérieure, et son propre dragon, sa force et sa puissance lumineuse qui mal maîtrisée peut devenir destructrice, où paradoxalement une vraie force de vie plus lumineuse…) ; il doit apprendre à apprendre à se connaître (il croise des personnages et des expériences étranges). Grâce à ce processus, l’adolescent perd son ancienne innocence : il n’est plus le “Simplet” (dans les Trois Plumes), que l’on considère comme un être stupide et obscur - il n’est plus, je rajoute l’être simple tel que l’on se considère parfois soi-même - ou comme le “petit garçon, ou la petite fille, de sa maman…”. Les risques que contiennent les aventures hardies sont évidents […] “La Belle au Bois Dormant encourage l’enfant - et donc l’enfant que nous sommes, notre enfant intérieur dans les cycles de vie à l’âge adulte - à ne pas avoir peur des dangers de la passivité.
“La Belle au Bois Dormant” a beau être très ancien, il a plus que tout autre conte un message très important à délivrer aux jeunes - ou moins jeunes - La plupart des adolescents - et leurs parents - redoutent une croissance sans histoires, où rien, semble-t-il, ne se passe ; on estime en général que l’on ne peut arriver à quelque chose que si on a un objectif bien visible. “La Belle au Bois Dormant” dit qu’une longue période de repos, de contemplation, de concentration sur soi, peut conduire et conduit souvent à de grandes réalisations.
On a prétendu récemment que, dans les contes de fées, la lutte contre la dépendance de l’enfance et pour la réalisation de soi est souvent décrite de façon différente selon qu’il s’agit d’un garçon ou d’une fille et que ce particularisme découle d’un parti pris social. Or, il est évident que les contes de fées ne tombent pas dans ce travers. Ils présentent la fille repliée sur elle-même au cours de la lutte qu’elle livre pour son identité, et le garçon tourné agressivement vers l’extérieur ; mais ils symbolisent ensemble les deux façons d’affirmer son identité : en apprenant à connaître et à maîtriser le monde intérieur comme le monde extérieur. Dans ce sens, les héros des deux sexes sont une fois de plus des projections de deux aspects différents d’un seul et même processus où tous les individus doivent s’engager au cours de leur croissance. […]
Dans les contes de fées, les personnages des deux sexes apparaissent dans les mêmes rôles ; dans “La Belle au Bois Dormant”, c’est le prince qui observe la belle endormie, mais dans “Cupidon et Psyché”, et dans les nombreux contes qui en dérivent, c’est Psyché qui surprend Cupidon dans son sommeil, et qui, comme le prince, s’émerveille de cette beauté qui lui appartient. Ce n’est qu’un exemple entre mille. Étant donné la multitude des contes de fées, on peut penser, sans grand risque de se tromper, qu’il y a autant de héros qui volent au secours de leur bien-aimée que d’héroïnes qui montrent la même détermination et le même courage en sauvant leur prince charmant. Et il faut qu’il en soit ainsi, puisque les contes de fées révèlent sur la vie des vérités essentielles.
[…] je me permets d’écourter un peu la lecture de ce chapitre pour aller vers la fin et je t’invite à te procurer ce livre très intéressant pour prolonger la réflexion -
La rencontre harmonieuse du prince et de la princesse, l’éveil de chacun d’eux devant l’autre, est le symbole de ce qu’implique la maturité : non seulement l’harmonie vis-à-vis de soi-même mais également l’harmonie vis-à-vis de l’autre. L’auditeur décidera s’il doit interpréter l’arrivée opportune du prince comme un événement qui provoque l’éclosion de la sexualité ou celle d’un moi supérieur. L’enfant, probablement, saisira les deux sens. […] il y verra certainement l’éveil de sa personnalité, la mise en harmonie des tendances chaotiques qui grouillaient en lui autrement dit, l’entente harmonieuse de son ça, de son moi et de son surmoi. L’union heureuse de la fin du conte, semble être le message le plus significatif que puissent transmettre les contes de fées. […] Ce n’est qu’après avoir réalisé l’harmonie intérieure qu’on peut espérer la trouver dans les rapports avec les autres. […] L’histoire de “La Belle au Bois Dormant” fait comprendre […] qu’un certain événement traumatique - ou une vague de changement - […] a des effets très heureux. L’histoire impose l’idée que ces événements doivent être pris très au sérieux, mais que l’on ne doit pas en avoir peur. La “malédiction” est une bénédiction déguisée.