Apprécier la vie par le biais de la langue des oiseaux comme je vous le propose souvent dans cette série de podcast, peut parfois paraître un peu tiré par les cheveux. C’est pour ça que j’ai les cheveux longs.
Pour ce mois de mars, parce que mois de la journée de la femme, j’ai décidé de faire le focus sur le Féminin Sacré et je ne peux pas parler de cette polarité sans le Masculin Divin.
Mais pour commencer, voilà comment me sont présentés ces deux termes dans leurs dissonances de nos sociétés modernes. Dans lesquelles nos deux polarités, à mon sens, manquent terriblement d’harmonie en nous.
Le féminin résonne comme Fait mine Un.
Avant j’étais une femme qui restait cantonnée dans une certaine image de la féminité. Faisant appel à ma polarité masculine qu’en surface, je maintenais mes deux polarités dans un dialogue de sourds, je maintenais bien comme il faut la frontière fermée entre elles deux. Et pourtant ayant des aspirations à trouver ma place dans ce monde et dans la société, étant guidées à me révéler à moi-même, comme l’ont fait tant de femmes avant moi depuis plusieurs générations déjà, je faisais mine de trouver en les hommes que je côtoyais un égal. Dans un certain sens, les femmes ont réussi à devenir un peu plus l’égale de l’homme, je ne vais pas le nier. Mais pour moi, nous n’en sommes qu’au début, qu’aux premiers pas d’u nouveau monde. Non plus comme l’ont été certaines premières civilisations, matriarcales, et non plus comme nos sociétés modernes, basées sur des systémiques patriarcales. Mais bien un monde de demain guidé par l’harmonisation des deux polarités en chacun des individus et sur la matérialisation dans la société de cet androgynat, parce que basé sur l’entièreté, peut-être l’ambiguïté aussi de ce qui fait la nature humaine, plus en adéquation avec la Vie.
Ces premières tentatives de libération de la femme dont nous avons été témoin ce dernier siècle, ne vont pas forcément dans le sens du monde de demain dont je rêve. Personnellement, je me poussais à créer une vie réussie et épanouie en prenant exemple sur des codes de cette société patriarcale. Et je n’en avais pas conscience. Je tentais tant que je pouvais de générer le plus d’actions à la journée. Mais quelque chose résistait. Mon système nerveux résistait et me plongeait constamment dans une effervescence de créativité, d’idées, de projets à élaborer. Puis suivies de phases découragement, de fatigue. Je ne dis pas que le déséquilibre des deux polarités expliquent entièrement cette disharmonie dans mon passé, parce que nous pourrions regarder aussi du côté de la méconnaissance à l’époque de mon hypersensibilité, ou du système nerveux, des peurs, des croyances limitantes, et j’en passe, mais ce n’est pas le sujet ici.
Je pensais manquer terriblement de système et d’organisation. Jusqu’à il n’y pas longtemps encore, je pensais que je manquais de motivation, de courage. Et je me sentais, alors, complètement délaissée par ma polarité masculine, je continuais d’écouter mon Animus déséquilibré et tyrannique et je me jugeais sans cesse. Cela participait à nourrir le syndrome de l’imposteur, mon manque d’estime de moi. Et ce manque, ce vide que je tentais de remplir comme je le pouvais de connaissances, d’informations, allait jusqu’à me faire perdre toute confiance en moi. Dans mon arborescence de pensées et mon ultra sensibilité, parce que je préfère ce terme à l’hyper sensibilité, je me sentais envahie par des dossiers entiers informationnels, impalpables et je n’arrivais pas à leur donner forme. Alors, je cherchais à couper les robinets, à tout contrôler : ce qui est le premier symptôme pour une femme, dans un yang déséquilibré. Alors, pire encore, cet Animus non intégré, m’a amenée à nourrir des comportements toxiques, autant envers moi-même que les autres. Derrière cette ouverture d’esprit, de cœur et d’âme, se cachaient toutes mes blessures, qui ne tardaient jamais à ressurgir par projection sur n’importe quelle personne qui pouvait en endosser la responsabilité à mes yeux.
La polarité Yin, féminine en chacun de nous est là pour guider le masculin. Et le masculin, le Yang est là pour protéger le féminin, le rassurer. Et ces deux principes qui se nourrissent constamment collaborent pour créer n’importe quelle troisième entité : un couple, un projet, une unicité et une complétude, quand les deux sont harmonisées.
Mais j’avais complètement coupé la rivière, et j’avais donc du mal à laisser couler l’eau sous les ponts quand n’importe quelle situation ravivait une blessure profonde. Ne supportant donc pas de retourner à l’intérieur de moi, faire appel à ma polarité yin pour aller regarder ces blessures en moi. Je m’épuisais dans un Yang exacerbé. Le yang c’est l’extérieur, l’action, le manifesté, le feu, le jour, le ciel, ce qui vient d’en haut, l’extérieur, la conscience, l’énergie, le mental, la connaissance, le faire, la force. Je forçais les choses. Mais je ne voulais pas aller plus loin, parce que manque de confiance envers mes ressentis, mes intuitions. Parce que je croyais que le monde n’accepterait jamais ma grande sensibilité, et j’avais réussi à m’en couper totalement. En tout cas, je le croyais, car comme on dit le naturel revient au galop et mon nom de famille n’est pas cheval mais quand même Poulain…
Je ne faisais appel à ma polarité Yang, que pour amasser des informations et organiser mes idées. Mais je ne lui faisais pas confiance pour aller jusqu’à concrétiser les choses. Avais-je peur de la puissance qui se cachait en moi. Avais-je peur de ma propre lumière si je la laissais infuser dans tout ce que je créais ? Aujourd’hui je le vois en partie ainsi… Et je t’invite à te poser la question aussi…
Je continuais donc seulement d’aller chercher, farfouiller et nourrir mon mental, déjà bien en indigestion. Je commençais à suivre, impatiente, ce feu de créativité en posant les premiers pas, les premières actions, et très vite, ne suivant pas du tout le flow du féminin, jugeant sans cesse mes inspirations et flashs, je m’épuisais à la tâche jusqu’à laisser tomber ce nouveau projet. Et quelques jours, quelques mois plus tard, soit je le reprenais mais changeais du tout au tout, soit j’en construisais un autre.
Je ne vais pas de trop continuer de m’étaler sur ce mécanisme, mais je sais maintenant que celui-ci m’a poussé à faire mine que j’étais complète. Je cherchais mon indépendance en voulant faire, et faire et faire, et en cherchant à l’extérieur les éléments qui pouvaient m’y aider, ou bien à l’inverse le ou les fautifs à mes résistances à réussir quelque chose, à aller jusqu’au bout d’une action. Heureusement j’ai cette ultra sensibilité qui ne m’a jamais permis de faire mine trop longtemps sur un même projet. Ces chemins de traverse, ces temps d’arrêts, qui parfois me cramaient jusqu’à l’os, jusqu’au burn out, ces périodes m’ont toujours menée à me repositionner, à prendre conscience à chaque fois un peu plus que j’avais beau faire, faire et refaire, ce n’était pas parce que je n’y arrivais pas jusqu’à l’aboutissement final, que ce n’était pas ma “mission de vie”, ce pour quoi j’étais venue au monde, mais tout simplement parce que je devais en comprendre le sens. En comprendre le ressenti et l’émotion ou les émotions que je voulais générer en moi, par moi et en les autres, quand je créais quelque chose. Petit à petit j’ai compris une chose très simple : l’être avant de faire. Et ta contribution au monde, ce que tu as à partager ne se quantifie pas ou ne se qualifie pas en terme d’actions, de temps passé, de revenus générés, de retours immédiats de la part des autres, de nombre de personnes qui t’entoure, ou quoi qu’est-ce, ça se base d’abord et avant tout sur l’énergie dans laquelle tu es en suivant tes rêves, la signature vibratoire que tu rayonnes dans tes projets… La valeur de ce que tu mets dans ce que tu vis et crée, se base sur le courage que tu as eu d’aller fouiller en toi, d’aller brasser dans ton puits intérieur, d’aller regarder ce qui se trame dans le dialogue disharmonieux entre tes deux polarités, et le courage que tu as de faire chaque petit pas vers le plus cadeau que nous nous offrons en naissant, la quête de soi, se révéler à soi-même…
Et c’est là que l’on comprend quand on dit que le temps n’existe pas. Quand tu approches de ta complétude, quand tes deux polarités rediscutent enfin ensemble à chaque instant de ta journée et de tes nuits, quand tu es enfin en confiance et en pleine possession de tes pouvoirs parce que ouvert, ouverte, à l’énergie de vie qui circule en toi, c’est là que tu comprends que le temps à concrétiser un projet, à poser des actions par exemple ne compte pas. C’est le temps que tu passes à te délecter de ton inspiration, de cette force de création, de cette sensibilité, ce regard que personne d’autre n’a comme toi sur le monde. Que tu te permet de recevoir, par tes cinq sens, et ton sixième sens. C’est quand enfin tu te laisses totalement aller à suivre le flux. C’est quand tu ne fais plus les choses pour un résultat final, mais bien pour le moment que tu passes à le faire. Comme on dit en coaching holistique, quand tu perds la notion du temps, alors tu es dans ta zone de génie. Et sa zone de génie, ou bien sa mission d’âme ou de vie, comme on aime à utiliser ces termes aujourd’hui, cela ne se place pas que dans le domaine professionnel et de carrière. Une mission d’âme, ta mission d’âme elle te guide pour chaque moment que tu passes sur cette Terre. Elle te guide à être toi, à développer ta richesse, à expérimenter. Et elle se trouve dans le sourire que tu fais à tes enfants le matin, elle se trouve dans ce moment où tu t’es laissée.e divaguer à contempler une petite parcelle de nature dans la rue de ta ville, quand les émotions de ton ou ta collègue raisonnent avec une des tiennes exprimées par le passé, au point que tu vas être en mesure de l’écouter, de l’accompagner pour accueillir cette émotion, quand tu fais la cuisine et entre en connexion avec les aliments que tu prépares, imaginant un savant mélange dont seul.e toi en a le secret entre les couleurs, les textures, les saveurs, etc. Etc.
Fait mine hein. Souhaites-tu vraiment faire mine de…? Ou réellement vivre, ressentir, écouter la symphonie de ta vie ? Encore une fois, je le dis, quand on ressent, on ne pense pas. Cela se passe à deux endroits différents du cerveau et du système nerveux, et ces deux zones, ces deux espaces, ces deux états ne peuvent pas fonctionner en même temps. Dans une discussion, tu ne peux pas entendre l’autre, tu ne peux pas accueillir les informations qu’il véhicule, l’énergie qu’il partage avec toi, si tu parles en même temps… Et bien il me semble que c’est pareil entre les deux polarités féminines et masculines. Tu ne peux pas ressentir, accueillir, devenir le réceptacle, capter ce que te souffle ton âme, ton intuition, si tu ne te laisses pas ressentir, et cela passe par la conscience corporelle aussi.
Fait mine un… Faire mine d’être un parce que un minimum accomplie.e selon les codes de notre société patriarcale. Voilà comment j’aperçois le féminin blessé, pas écouté, pas valorisé dans notre société, autant par les femmes que par les hommes. Alors nous faisons mine, nous passons à côté de moments tellement riches à simplement se laisser aller dans l’énergie du Yin. Celle qui nous connecte tant à notre essence.