15/03/23

Les preuves ou l'épreuve - sur la Nuit noire de l'âme

#5 RECONSIDÉRATIONS Podcast

Un lapsus que j’entends souvent en ce moment quand je parle de voir les preuves concrètes dans la matière. Pour avoir confiance. Confiance dans ce que l’on fait. Pour continuer de croire, d’avoir la foi. De croire dans le sens que l’on donne aux choses, à tout ce que l’on vit. Pour rester convaincu que l’action que l’on a commencé d’entreprendre, est la bonne. De continuer de croire en notre vision de nous, du monde.

Quand on ouvre sa conscience à plus grand que soi. Quand on ose s’ouvrir à des espaces immenses qui se cachaient en nous, très profondément. Quand on s’ouvre à ses ressentis, à son intuition. Quand on s’en remet à sa part divine pour collaborer, apporter de la créativité à ses actions. Le mental, lui, remet souvent tout cela en question. En doute. Et le doute n’est pas une bonne ou mauvaise chose. Le doute est bien la preuve que tu es sur le chemin. Le tien. Celui vers ta propre magie. Celui où l’âme agit. C’est le buisson derrière lequel se cache tes plus grands rêves, ce à quoi aspire ton âme.

Ce qu’on appelle la nuit noire de l’âme par exemple, c’est ton âme, tout ton être qui s’ébroue, toutes les énergies obsolètes en toi, qui ne te sont plus utiles aujourd’hui qui s’écroulent. Et alors la place nette se fait. Alors tu es sur le palier de ton labyrinthe intérieur. Tu es sur le point d’aller rencontrer les muses et le Dieu Pan tout à la fois. Dans ton être profond.

Ton âme se vide de tout, dans ces moments-là, ce que tu croyais être immuable dans ton identité jusqu’à présent, tout disparaît, tout est sujet à être recalibré. Toutes les vibrations dans lesquelles tu nageais jusqu’alors disparaissent, s’allègent. Avec cette sensation que tout part en fumée. Où que les bulles de savon s’envolent et l’épée froide de tes pensées s’émousse.

Mais tu sais. Tu le sais. Ta propre voix, celle que tu entendais au loin, à demi murmurée, celle discrète, de ta sagesse supérieure, elle vient, pour une fois, s’imposer avec une telle force que tous tes repères s’amenuisent à longueur de journée. Et comme j’aimerais trouver les mots les plus justes pour te certifier comme ce processus est lumineux. Parce qu’une nuit noire de l’âme, bien que ce terme puisse paraître complètement effrayant. Cette voix qui crie soudainement en toi, cette voie, cette quête que tu suivais déjà, tu l’avais programmée en tout ce qui a eu lieu dans ton espace-temps du passé. Ce cri de l’âme fait remonter toutes tes peurs, toutes tes ombres, toutes tes fragilités, toutes les preuves que là où tu étais jusqu’à présent ne doit plus être maintenant. Ou bizarrement doivent encore plus l’être, mais tout du moins acceptées. Car toutes ces épreuves de ton passé, ont eu un sens, une direction, celle de t’amener jusque-là.

Et tu sais, au fond de ce cri, que le chemin s’ouvre enfin. Parce qu’il y a ensuite la journée blanche de l’âme. Mais, je parlerai de ce sujet dans un autre podcast quand le moment sera venu.

Donc cette épreuve, cette ultime épreuve avant le tout nouveau chapitre de ta nouvelle vie. Cette épreuve, qui te sidère tant, qui te fait descendre au plus bas, au plus profond de ton puits. Cette nuit noire de l’âme, ce chaos incommensurable qui te plonge dans l’immobilité, la tétanie totale, c’est le message de ton âme, de tout ton être, de ton corps et de ton cœur, de ton esprit, qu’il est temps de passer l’examen final, et te donner le droit d’aller nager dans le grand bassin. Et c’est à ce moment-là que ton grand véhicule s’ouvre, et viennent à toi, les informations du macrocosme dont tu fais partie. S’intègrent dans ton petit véhicule. C’est là que ton âme se purifie de toute expérience passée et balaie au loin toute chose insignifiante de ton futur. C’est là qu’elle te traverse de tant d’énergies que tu crois en mourir. Mais ce qui meurt, c’est ta conscience d’avant. C’est un déménagement. Tu entres dans une plus grande habitation.

L’épreuve commence et tu commences à comprendre à cet instant là que, pour trouver ta place dans ce monde, celle que tu t’étais destinée depuis le départ, pour cela il te faut faire place nette.

Or, le mental lui, refuse l’épreuve, il a besoin des preuves, là tout de suite.

Pourquoi ? Pourquoi a-t-il besoin de certaines preuves? Et lesquelles ? Et bien tout dépend de chaque personne. Tout dépend de son vécu, de son expérience de vie et de ce à quoi il s’est identifié jusqu’à présent. Et dans ces épreuves, se cachent ton unicité, car il se cache là tout ton programme. Dans ce qui est resté dans l’ombre, se cache tant de lumière. C’est là que se cache ton unicité. Tout dépend aussi, de ce sur quoi chacun avait construit ses fondations, si inconfortables fût elles, chacun en avait besoin.

La nuit noire l’âme, ou n’importe quelle épreuve dans ta vie, est la preuve que tu fais le premier pas vers le véritable amour de toi. Sans se cacher. Sens caché. Sans plus se cacher, tu commences à sentir ? À ressentir ? Et bien tant mieux, sortir d’une certaine anesthésie veut bien dire que tu commences à te confronter à tes plus grandes peurs, tes plus grands blocages. pour aller vers plus d’amour de toi. Et personne n’est parfait. Tout au long de sa longue vie, toute âme a vécu et joué les différents rôles des archétypes universels.

Le mental préfère presque l’épreuve pour avoir les preuves que ce qu’il a construit restera…Ok je suis allée dans la bonne direction, j’ai raison de faire ça parce que j’en reçois aussitôt les fruits de mon travail.

Et si l’âme elle, avait besoin que tu fasses un acte de foi et si elle, avait besoin que tu ailles justement dans l’inconfort, que tu ailles voir certaines zones d’ombre pour que tu arrêtes de faire les choses selon un ordre donné. Comme un robot. Parce que la partie en toi conditionnée dans cette société, pense que tu dois faire les choses comme les autres le font. Parce qu’une partie en toi ne s’accroche qu’à ce qu’elle connaît et a toujours connu…

Et si ton âme avait besoin non pas de preuves mais d’épreuves, que tu acceptes que certaines parties de toi vont mourir pour renaître, que certaines choses dans ta vie, dans quelque domaine de vie que ce soit, s’écroule. Et si ton âme avait besoin que tu ne résistes plus et que tu ailles vers tous les changements qui donnent un véritable sens à ce que tu fais.
Je me pose souvent la question et, honnêtement, je n’ai pas encore la répons. Est-ce une simple croyance que de dire que les humains ont toujours besoin de passer par des zones de turbulences, de vide, de périodes sombres ? Pour que de ces moments, qu’on appelle burn out ou nuit noire de l’âme, ou dépression, ou sas de dépressurisation, ressorte le meilleur. Est-ce que l’humain peut passer par un “détour” plus direct et lumineux que celui d’aller jusqu’au fond de son puits ? Peut-on éviter ?

À l’heure actuelle, je n’en suis pas sûre. Car aller voir des zones de son inconscient pour écouter sa petite voix intérieure, et trouver son originalité, tout son être T, ce qu’on est venu infuser de par notre simple présence ici. Aller sonder ce qui fait que seul toi peut dire ou faire les choses, les matérialiser de cette façon et personne d’autre. Pour aller trouver cela, on rencontre aussi les autres, on rencontre aussi l’inconscient collectif, on rencontre aussi toutes les structures, les châteaux de cartes que l’on bouscule, à l’instar de son propre squelette qui se régénère. On participe, non pas à se regarder le nombril dans ces moments d’isolement, de sentiment déchirant de séparation du reste du monde, de retour à soi parce qu’il n’y a plus d’autre choix que de reconnaître ses blessures pour les transmuter. On participe à détruire certains pans de tout le collectif, de l’humanité, du vivant, de la Terre, de l’Univers. L’épreuve permet ensuite de reconstruire les fondations de tout ce qui nous entoure, incluant les personnes avec qui on est en lien direct ou pas d’ailleurs… Je pense aux personnes qui se retrouvent énergétiquement dans une même action, dans un égrégore suivant telle ou telle conviction, qui échangent des équations informationnelles autour d’un sujet ou d’une cause commune, et je pense aussi par exemple aux ancêtres, dont on ne connaît parfois pas l’existence et dont pourtant on a hérité de certaines informations. Passé et histoire, dont on est parfois en train de faire bouger les lignes à travers notre propre évolution personnelle.

Donc est-ce que l’humain peut s’éviter ces zones de turbulences, de remise en doute ? Peut-être oui, dans un avenir proche ou lointain, j’ai la sensation que oui on va vers ça, parce qu’on est train de plus en plus d’éveiller nos consciences et de goûter à ce qui jalonne la vie de notre âme, de comprendre rapidement et profondément ce qui est de l’ordre du karma. Plus rapidement qu’à d’autres époques, peut-être.

Mais pour moi, et je suis d’ailleurs de plus en plus en gratitude pour tous ces moments de remaniement total en moi et dans ma vie. Je remercie toutes ces épreuves traversées, à maintes reprises dans ma vie, car je crois que ces périodes sont simplement, incroyablement nécessaires pour apporter du sens.

Par contre, je voudrais quand même ajouter à cela, parce que tout est toujours paradoxal, et surtout avec moi, vous finirez par me connaître un peu plus, quand je dis une chose, il y a toujours son pendant, son autre polarité inclue dans le message… Quand je dis que l’humain ne peut pas faire autrement que de rentrer dans ses zones d’ombres pour en faire sortir le meilleur de lui, remanier les équations pour contribuer au monde avec sa vraie nature et partager sa vérité, et non pas celle de son voisin. Et bien pour moi, il est évident que ce qui aide à traverser ces zones de doutes, c’est que tout dépend de quel regard tu vas avoir sur ce que tu traverses à cet instant précis. C’est ce qu’on appelle effectivement faire acte de foi. Et c’est même pas faire, mais être dans cette vibration de l’ordre de la foi. De l’ordre de la foi dans le désordre total. C’est croire en son âme, croire qu’elle nous guide vers les bonnes épreuves et que c’est ça la preuve, c’est quand on se sent connecté, léger malgré toutes les résistances…

alors oui j’ai le cheveux longs et ça c’est à force de dire des trucs tirés par les cheveux. Mais sans casser des oeufs, comme on dit on ne fait pas de AUM-me let’ it be… hahaaaa…

tu es un puits sans fond = donc plutôt que d’aller jusqu’au fon dde ton puits, tu peux continuer d’aller sur ton chemin en reconnaissant ta pui-ssance, ton puit sens, ton puit intérieur toujours plein de ressources pour donner du sens à ce que tu vis. N’est donc pas peur d’aller écouter ce qui voudrait bien crier mais n’en a pas le droit. CAr la voie de la sagesse, les énergies les plus lumineuses ont la consigne de respecter ton libre arbitre. Tant que tu ne te dis pas “oui je m’ouvre à plus grand”…

Pour conclure, je voudrais reprendre une phrase du livre

Votre parole est une baguette magique

de Florence Scovel-Schinn

La souffrance n’est pas une nécessité au développement de l’homme ; elle est le résultat de la violation de la Loi Spirituelle.

Alors tant que nous vivrons dans un monde qui manque d’harmonie entre les différentes consciences, qui manque tant de spiritualité, et bien oui il nous faudra vivre des épreuves pour voir les preuves de notre évolution à tous.

Et à la fois, je rêve d’un monde qui accepte que la dépression et certains troubles ne sont pas moches à regarder et ont un sens et sont la preuve que de nouveaux êtres sont en train de se défaire de leur mue. Comme j’aimerais que l’on arrête de voir certaines sensibilités, certaines spiritualités comme n’étant pas normales. Et comme à la fois, tout ceci n’est pas normal, mais simplement le fruit d’un manque terrible, une déchirure entre les mondes, à laquelle nous avons tous participé.

Comme j’ai appris à accepter ces moments de trouble intense pour ce qu’ils étaient, j’aimerais véhiculer ce message de confiance qu’il y a de la lumière en tout, comme à la fois j’aimerais que cela ne soit plus normal d’être plongé dans des périodes de chute, de bouleversements, pour enfin pouvoir sortir d’une certaine normalité.

Noëllie pour Les Arborescences de Pan